Rencontre avec Charlotte Bousquet, interview pour le PLIB 2019 !

Coucou les Livrophages !

Lors du dernier Salon de Montreuil, j’ai eu la chance d’interviewer Charlotte Bousquet dans le cadre de la présélection de son dernier roman Shâhra pour le Plib 2019 !

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Présentation

Née en 1973, Charlotte Bousquet s’impose aujourd’hui comme une référence dans les littératures de l’imaginaire. Elle  est devenue en quelques années une auteure majeure de la Fantasy francophone.

Avec plus de 20 romans, elle a été remarquée pour sa plume incisive et engagée. Son approche de la Dark Fantasy lui a valu plusieurs reconnaissances pour ce cycle de L’Archipel des Numinées : prix des Imaginales 2011 et prix Elbakin 2010 pour Cytheriae. Chacun de ses livres peut être lu indépendamment.

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Interview

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  • Bonjour Charlotte ! Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Charlotte Bousquet, autrice, scénariste et éditrice aussi. J’écris aussi bien de la fantasy comme Shâhra que du roman réaliste contemporain, historique, des romans graphiques aussi.

 

  • C’est une large palette, vous n’avez pas de préférence ?

En fait je n’aime pas l’idée, être enfermée dans une petite case me hérisse et en tant qu’autrice j’ai besoin de changer d’univers pour ne pas me lasser. Objectivement j’ai l’impression d’écrire toujours la même histoire mais les univers changent.

 

  • J’ai pu remarquer dans votre biographie que vous étiez philosophe de formation et vous avez soutenu une thèse sur les mondes imaginaires. Est-ce cela qui vous a donné l’envie de devenir écrivain ?

Je suis plus venue vers l’écriture d’une part par le fait d’avoir toujours écrit. Et l’autre biais c’est le jeu de rôle tout simplement. En commençant à raconter l’histoire d’un de mes premiers personnages de jeu de rôle, je pense que c’est ça qui m’a mis le pied à l’étrier même si après j’ai fait des choses complètement différentes.

 

  • Vous considérez-vous comme une auteure engagée ? Si oui pourquoi avoir choisi cette voie ?

Autrice. On dit vraiment autrice, ça répond aussi à la question. Je suis une autrice engagée Oui, féministe Oui. Autrice est un terme qui existait avec des hauts et des bas jusqu’au 17ème siècle et qui signifie créatrice. Autant on a gardé des féminins (acteur / actrice), autant un auteur est forcément un homme. Donc une femme qui crée ne devient acceptable que si elle crée au masculin.

Avec des auteurs on essaye de faire bouger les choses pour que ce soit de plus en plus reconnu. Et il y a de plus en plus d’éditeurs qui parlent d’auteurs et d’autrices. C’est pareil, ici au salon de Montreuil cette année ils disent auteur et autrice.

 

  • Avez-vous des tocs/tics d’écrivain ? Un mot que vous adorez et que vous replacez souvent ?

Je bois du café ? Après je dirais que j’aime bien commencer un roman après avoir choisi les citations qui l’ouvre. Les exergues. Je peux passer énormément de temps à trouver la bonne citation. Ça a un petit côté procrastination mais je vais passer un après-midi à trouver où est-ce que ça, ça va, changer … C’est une manière de me mettre dans l’ambiance.

Je sais que j’ai des tics d’écriture. A un moment donné je mettais « l’espace d’un instant » partout. Je pense que ça m’est passé mais ça va être plutôt des tournures de phrases assez redondantes. Après je ne saurais pas vous dire.

 

  • Vous avez à votre actif beaucoup de romans. L’écriture vous est-elle indispensable dans votre vie de tous les jours ? Vous ne vous verriez pas arrêter l’écriture maintenant ?

C’est mon métier ! C’est une bonne question, parce que c’est quelque chose que je suis capable d’envisager tout à fait sereinement. En fait si effectivement, je n’arrive plus à gagner ma vie avec l’écriture, est-ce que je ne vais pas effectivement totalement changer de voie ? Je me dis très, très sereinement, Oui.

Après, dans les faits, je ne sais pas si ce sera possible. Je pense que [l’écriture] me manquerait, beaucoup. J’ai envie de vous dire, en vrai c’est probablement indispensable et ça fait partie de moi et c’est constitutif de la personne que je suis devenue. Et en même temps c’est mon métier et des fois j’en ai marre. Même si là en ce moment ça va très bien.

 

  • Votre dernier roman Shâhra s’inscrit dans un univers très riche, mêlant notamment Chamane et Djinn. Avez-vous dû faire beaucoup de recherches ?

Shâhra c’est un univers que j’ai commencé à imaginer en 2012. Et j’étais partie sur quelque chose, un univers qui s’inspirait beaucoup plus de mythologies issues de différents pays d’Afrique. Après il y avait les Mille et Une Nuits parce que c’est l’univers que j’aime bien, et après je m’intéresse énormément au chamanisme et aux différentes cultures amérindiennes, du coup je pense que ça s’est construit petit à petit.

Et je dirai qu’au fil de la construction de l’univers on garde beaucoup, à mon sens, une culture berbero-Mille et Une Nuits avec un petit peu de chamanisme. Et que le côté mythologie et culture des différents pays d’Afrique je l’ai laissé de côté parce que, en fait c’était peut-être des cultures avec lesquelles je suis un peu moins à l’aise et surtout moins familière. Et les pays berbères, c’est bon je suis allée au Maroc pendant des années, ça va globalement je visualise bien les paysages.

 

  • Vous avez écrit de nombreux romans et ce dans des genres variés tels que ceux de l’imaginaire, que dans le roman historique ou la fiction contemporaine. Où trouvez-vous toute cette inspiration ?

Partout. Pour Shâhra c’était cette création d’univers et puis des personnages qui étaient, les 3 personnages principaux, Arkhane qui a été mutilée, intersexe les personnes qu’on dit hermaphrodites, elle est à la base intersexe et androgyne parce que je me réfère au mythe de l’androgyne d’Aristophane. Elle est complètement mutilée, donc elle se retrouve femme malgré elle. Et pour elle, c’est une quête initiatique et mystique puisqu’elle va se retrouver protéger par la déesse de la vie et de la mort. Donc c’est vraiment sur la métamorphose.

Les deux autres personnages sont vraiment différents. Il y en a une qui un parcours, on va dire d’héroïne des Mille et Une Nuits classique, rebelle classique. Mais comment peut-on évoluer quand on est effectivement mariée de force, qu’on perd tout ? Et la troisième, Tiyyi, c’est quelqu’un qui développe des pouvoirs dont elle ne connait pas l’origine. C’est vraiment des personnages qui ont des parcours initiatiques différents mais qui se rassemblent.

A cœur battant, c’est les manifs. Ce qui se passait en 2016 avec la Loi Travail. Et j’ai envie de dire, la vie est inspirante. Dur et inspirante et on peut y puiser vraiment de la matière.

 

  • Dans Shâhra, vous développez trois personnages féminins. Vous sentez-vous plus proche de l’une d’entre elles ?

Je crois que je me sens proche des trois pour une fois. De manières très différentes. Parce que Arkhane c’est quelqu’un qui va avoir un parcours d’initiation chamanique et une transformation qui est à la fois physique et intérieure. Et c’est un personnage qui me touche énormément. Tiyyi, c’est la plus jeune des trois. En gros, elle voit un griffon, elle craque. Voilà elle est choupi. Même si elle a un parcours qui n’est pas facile mais c’est quelqu’un qui reste très positif.

Et donc la dernière, Djiane, c’est quelqu’un, pour moi, qui est très la plus proche de la réalité des trois, même si on est dans un univers imaginaire. Dans le côté j’hésite, je m’auto-apitoie, mais à juste titre, toutes ces personnes qui vont se dire « agir c’est super bien, mais il faut en avoir la force ». Et pour moi, Djiane, c’est quelqu’un qui prend énormément de temps parce qu’elle est juste humaine aussi, à dépasser ses peurs, dépasser ses blocages. Elle est éduquée au départ comme l’héritier de son père, parce que c’est juste une fille la pauvre. Mais elle apprend un art de combat, et en fait elle se retrouve pour la première fois en situation de combat et elle ne peut pas tuer.

Moi, j’ai fait de l’escrime, je me retrouve comme ça dans la rue et je me fais agresser, je ne suis pas sûre d’avoir la réaction d’aller jusqu’au bout. Pour moi c’est ce côté, de transformation très lente et réaliste que je trouve intéressante chez elle.

  • Votre dernier roman Shâhra fait partie des 20 présélectionnés pour le PLIB 2019. Que ressentez-vous à cette idée ?

Je l’ai appris sur le tas. Et le premier que j’ai vu dans la sélection c’est Le Passageur. Or il se trouve que je suis l’éditrice d’Andoryss, donc j’ai commencé par sauter au plafond en disant « C’est trop bien ! ». Et après c’est mon mari qui m’a dit « Charlotte tu es dans la sélection ! », donc je suis super contente mais ma première réaction ça a été, « Le Passageur » est dans la sélection ! Donc cela dit je trouve ça très bien qu’il y ait le PLIB.

 

  • Un dernier mot pour la fin, si vous deviez en une phrase donner envie aux jurés du PLIB de découvrir votre roman, que diriez-vous ?

Je ne sais pas, j’aime bien la couverture ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? (Rires).

En fait je ne suis pas capable de parler ce roman. En vrai je ne suis pas capable d’en parler. C’est un roman qui est tellement intime, et qui est tellement différent de ce que j’ai pu faire avant, par exemple L’Archipel des Numinées, qui était très politique, celui-là (Shâhra) c’est un roman intérieur qui est vraiment sur la métamorphose, sur la transformation.

Ce que je pourrais dire, c’est que si vous voulez le lire en plein hiver, c’est un roman qui réchauffe ! On passe son temps à crever de chaud. Pour moi c’est un de mes romans les plus exigeants et les plus intimes.

 

Je remercie Charlotte Bousquet pour avoir bien voulu m’accorder cette interview et également Céline BooktubersApp qui a tout organisé et sans qui cela n’aurait pas été possible ! Elle a d’ailleurs enregistré ce moment et la vidéo est disponible sur Youtube 😀

Vidéo Interview du PLIB2019 Charlotte Bousquet

 

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